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25 giugno

Jaurès et Vian

 Et aujourd’hui c’est deux pour le prix d’un ! J’avoue que je n’ai pas su choisir entre deux grandes citations de deux auteurs marquants. Elles sont toutes deux très simple à appréhender, et tournent autour d’un sujet proche. Finalement, j’ai pris l’option de vous les donner toutes les deux :

« Tout progrès vient de la pensée et il faut donner d'abord aux travailleurs le temps et la force de penser »  Jean Jaurès

« La vérité n’est pas du côté du plus grand nombre parce qu’on ne veut pas qu’elle y soit. Le jour où le plus grand nombre, par sa culture et ses connaissances sera à même de déterminer lui-même sa vérité, il y a peu de chance pour qu’il se trompe. » Boris Vian

 

Qu’ajouter à ça ? J’ai énormément d’admiration pour Jaurès et pour Vian. J’imagine, enfin j’espère, que vous savez déjà beaucoup sur eux. Si ce n’est pas le cas une petite recherche sur le web devrait vous renseigner mieux que moi. Je vous recommande plus spécifiquement de vous pencher un peu sur la vie de Jaurès. Il y a beaucoup à apprendre de lui, je crois. Et puis Vian je vous en ai déjà parlé, et sa vie a assez peu évoluée depuis, mais ça fait souvent ça quand on est mort.

Tout ça pour dire que, finalement, moins on prend les gens pour des andouilles, et plus on leur fait confiance, plus on les éduque, et plus on leur donne d’informations, et moins ils ont tendance à faire n’importe quoi, et plus le monde avance. Sauf très rares exceptions d’ordre physiologique, il n’existe pas véritablement de gens incapables de comprendre, si on prend le temps de leur expliquer le point en question.

Je ne crois pas pour autant en une théorie du complot, je ne pense pas que les riches et les puissants du monde se réunissent à Davos pour décider ce qui peut être révélé et ce qui doit être caché. Les riches et les puissants se réunissent à Davos pour faire des affaires et devenir encore plus riches et/ou plus puissants. D’ailleurs Vian ne dit pas « parce qu’on veut qu’elle n’y soit pas » mais bien « parce qu’on ne veut pas qu’elle y soit ». Prendre le temps et l’énergie de former et d’informer le plus grand nombre des choses importantes, ça serait rentable pour la communauté, sur le long terme. Malheureusement ça n’est pas rentable à court terme pour ceux qui ont les moyens de faire cette effort. C’est d’ailleurs la que l’on voit la limite des théories libérales : l’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers.

Que faire avec ça ? Chacun à notre niveau nous avons le pouvoir de transmettre de la connaissance, ou de ne pas la transmettre. Comme d’ailleurs chacun à notre niveau avons la possibilité d’aller chercher ou pas le savoir. Evidemment il est plus simple, plus facile de laisser les gens dans leur bêtise. De ne pas faire l’effort d’enseigner aux autres ce que nous savons ou croyons savoir. Mais plus facile et plus rapide n’est pas plus puissant1. Alors pourquoi faire l’effort d’enseigner quelque chose et de ne pas garder un avantage sur une personne en sachant plus que lui ?

D’abord parce que cela est très satisfaisant pour l’ego. Transmettre son savoir, permettre à quelqu’un de progresser, être la source de connaissance de quelqu’un, voilà quelque chose qui est très agréable. Bien plus, sur le long terme, qu’une pseudo supériorité acquise par le savoir supplémentaire que l’on a sur quelqu’un.

Ensuite parce qu’un bienfait n’est jamais perdu et, qu’en règle générale, les gens ne sont pas des ingrats. Quand on fait quelque chose de bien pour quelqu’un il s’en souvient. Je recommande en général de se faire une bonne publicité en étant quelqu’un de bien avec les autres.

Enfin donc, si on en croit Boris et Jean, parce que ça rend le monde meilleur. Ca peut paraître idiot comme ça, mais c’est plutôt pas mal en fait… De temps en temps il nous arrive à tous d’en avoir besoin, d’un monde meilleur. Et nous avons tous un tas de choses à apprendre. Ou à apprendre.

 

1 Parfaitement je suis capable de faire cohabiter Jean Jaurès et maître Yoda dans une même entrée blog !

22 febbraio

« Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie » Etienne Daho

Voici quelques grammes de pensée positive dans un monde qui n’incite pas toujours à se souvenir que la vie, elle est belle, et beaucoup trop courte. Je sais, Daho n’est probablement pas un auteur impérissable et, pour une fois, je ne vous encouragerais pas de manière véhémente à vous plonger dans le reste de son œuvre pour y trouver des merveilles, d’ailleurs l’œuvre de Daho je la connais assez mal, pour tout dire. D’un autre côté, comme ça, ça vous fera un peu de vacances, et je suis bien certain que de toute façon vous n'en avez pas grand chose à faire de mes recommandations. Dans un sens, vous avez raison, moi non plus je ne m’écouterais pas si j’étais vous (-; .

« Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie » est sûrement une phrase triviale, qui ne saurait vous révéler que des vérités déjà connues. Mais j’ai déjà montré ici qu’enfoncer des portes ouvertes ne me faisait pas peur, et puis j’en profite pour faire un peu de positivisme, ça fait toujours du bien par où ça passe.

Evidemment, si on s’en tient aux faits, aujourd’hui est un jour comme les autres, comme hier ou comme demain. Il est impossible de différencier un jour d’un autre, sauf à se fier à des référentiels subjectifs. Hors il se trouve que nous sommes justement des êtres, par construction, subjectifs. Et, du coup, aujourd’hui a quelque chose de très particulier : Aujourd’hui, est le seul jour où « je » vis. Comprenons-nous bien : En tant qu’humain nous savons nous projeter dans le futur ou nous souvenir du passé. Nous disons « je » quand nous parlons de l’action de celui que nous étions hier ou de celui que nous serons demain. C’est un abus de langage. Nous évoluons sans cesse, de façon brutale ou légère, mais nous changeons  tous en chaque instant du temps. « Je » est une chose éphémère qui passe son temps à disparaître. Alors forcément aujourd’hui est un jour particulier, puisque c’est le seul où « je » est en vie.

Je tire naturellement une conclusion de cela. Ma vie commence ici. Cette vie qui se renouvelle sans arrêt (oui, bon, jusqu’au jour où…), elle commence maintenant et elle finit tout de suite. Et c’est ici que tout recommence. « ça part de là » : Maintenant c’est le bon moment pour démarrer quelque chose dont on a envie. Maintenant c’est le bon moment pour céder à son inclinaison. Maintenant c’est surtout le bon moment pour craquer et faire ce dont on vraiment envie.

Il ne s’agit pas de faire table rase du passé, qui nous a construit, ni d’hypothéquer le futur, dont nous avons besoin au présent, et pour éviter de s’en vouloir à l’avenir. Il s’agit simplement de faire le nécessaire pour être bien dans sa vie, sans laisser le poids du passé, et de celui que l’on croit être, avoir trop d’influence sur ses décisions actuelles.

Il n’est jamais trop tard pour améliorer sa vie ou pour la changer radicalement. La moindre envie, la plus petite prise de conscience peut bouleverser le cours d’une existence. Soyez prêt au meilleur et n’hésitez pas à vous dire que…CA PART DE LA !

07 dicembre

«Is a dream a lie if it don’t come true….» Bruce Springsteen, the river

« …or is it something worse? » (Est-ce qu’un rêve est un mensonge s’il ne devient pas vrai ou est ce quelque chose de pire ?)

Voilà une phrase qui me laisse tout plein de réflexions. Entends-nous tout de suite : Le boss et moi (oui, nous sommes quasi-intimes, et je sais toujours ce qu’il pense, ce qui me permet de parler en son nom. Et qui ne me croit pas n’a qu’à lui demander (-; ) ne parlons pas ici du rêve que l’on fait quand le cerveau fait un peu de rangement pendant le sommeil paradoxal. Nous parlerons bien ici du but que l’on se fixe, de l’espoir, de l’envie. Bref la plus belle et la plus constructive des acceptions de ce mot.

Le rêve n’est pas la réalité. Sinon nos vies seraient bien tristes : Une vie où l’on a tout ce dont on rêve n’est qu’une vie où l’on ne sait rêver que de ce que l’on a. Et il en est des vies comme du reste, il ne faut pas y entrer sans désirs (voir sur ce thème une ancienne entrée de ce blog basée sur une citation de Paul Valery). Le rêve ne devient pas réalité ou en tout cas pas toujours. Pour autant, ce rêve qui n’est pas devenu la réalité est-il un mensonge ?

Un mensonge est une action volontaire visant à tromper quelqu’un. Nous ne nous mentons pas à nous même lorsque nous rêvons. Nous savons bien que nos rêves ne sont pas des certitudes, mais de simples potentialités. Alors que deviennent nos rêves quand ils ne se sont pas concrétisés et qu’ils ne sont plus des rêves ? Quand le temps passant, nos opportunités perdues dépassent nos capacités à construire et que nous ne sommes plus capables d’espérer la réalisation de nos rêves ? Je ne donnerais jamais plus la première coupe du monde de football à la France, aucun stade ne se lèvera à mon entrée en scène, et je n’ai même plus envie d’épouser Jodie Foster. Parce qu’ils sont désormais strictement irréalisables ou parce que, tout simplement, je ne souhaite plus leur réalisation, ces rêves ne sont plus des rêves et ils ne sont pas pour autant des mensonges.

 Ils sont, pour moi, bien pire que des mensonges. Ils sont de l’ordre de la déception. Bien plus terrible que les mensonges, ils nous renvoient l’image de notre imperfection, ils nous rappellent notre caractère médiocre. Nous aurions voulu et nous n’avons pas réussi, voilà le message que nos rêves passés nous révèlent en pleine face.

Alors pourquoi supporter tant de souffrance ? Pourquoi accepter d’ouvrir ces chemins vers nos faiblesses véritables plaies béantes? Parce que le rêve est la plus belle chose de la vie. Parce que justement c’est lui qui nous permet de supporter, quand on y croit encore, l’imperfection de nos vies actuelles. Parce qu’il nous fait être autre que ce que nous sommes, nous permet de vivre les 100 vies que nous méritons, alors que nous n’en aurons jamais qu’une. Parce que le rêve est souvent le moteur de nos actions. Bref, rêver rend nos vies plus agréables. Finalement, le rêve est une chose absolument horrible… Quand elle s’arrête. Un peu le contraire des coups de marteau sur la tête. Je vous souhaite le plus possible de beaux rêves.

 

Ce billet est dédicacé à Neil Gaiman, qui ne le lira jamais, et à son seigneur du rêve, qui ne le lira jamais non plus, et que l’on appelle de bien des façons : Morphée, le modeleur, Apollon, le marchand de sable, ou tout simplement Dream. Il faut lire Gaiman, parce qu’après avoir lu du Gaiman, le monde n’est pas meilleur, mais il est plus joli.

26 agosto

«Le hibou a parlé, et il a dit « hou » » Proverbe espagnol

            Il y a de cela pas mal de temps j’avais eu l’outrecuidance de tenter une prise d’otage sur les neurones de mon lectorat (avant même l’invention du terme Web 2.0) en demandant à tout un chacun de fournir un texte bien senti sur ce proverbe, si possible pastichant le style des entrées du blog que vous êtes en train de lire. Pour marquer la fin de ce concours, je me suis dis qu’il serait intéressant, voire drôle, de proposer moi-même un texte  de ce type. Il va sans dire que l’objectif final de l’opération est de dire que j’ai gagné, et que je ne dois donc rien à personne (-; . Voilà donc le résultat :

 

« Si j’ai déjà montré ici que je refuse de me joindre à la curée du bar du commerce (et au curé lui-même, bien qu’il fréquente assez peu ledit établissement) qui consiste à mettre « le bon sens » en avant et qui trouve dangereux le modernisme et le progrès, c’est à dire les avancées de la pensée humaine, je ne rejoins pas davantage la meute élitiste des gens qui ne jurent que par la nouveauté et considèrent les gens se référant à la sagesse populaire comme des bouseux sans jugeotes. Parmi mes perles préférées il y en a donc quelques-unes une qui sont sélectionnées par le temps pour leur capacité à dire beaucoup en peu de mots. Hablo el buey, y dijo « mu » disent donc nos camarades ibériques, quand ils ne construisent pas de châteaux et n’élèvent pas de ruminants(1). J’apprécie particulièrement la multiplicité des usages et des interprétations possibles de ces six mots. En effet ils peuvent signifier :

-Que quelqu’un de réputé pour sa grande sagesse (car telle est la réputation du hibou, en raison de ses grands yeux sans doute ou de la rubrique-à-brac, qui fête ses quarante ans, au passage) a parlé, et que je n’ai su interpréter ce qu’il a dit. Par extension, que chercher des gens très compétents pour résoudre un problème personnel est parfois une erreur, et que souvent le canon n’est pas très adapté pour abattre la mouche. Par extension, que plutôt que de chercher la vedette d’un domaine et de suivre sans jugeotte son avis, il vaut souvent mieux se poser la bonne question, et éventuellement prendre des avis de gens qui connaissent sans forcément être des sommités du domaine.

-Qu’il ne faut pas attendre de quelque chose ou quelqu’un plus que ce qu’il peut fournir. Un hibou dit hou, un libéral qu’il y a trop de taxes et un raciste des choses qui vont contre tout raisonnement un peu scientifique. Qu’on le regrette  ou qu’on en soit content, tant qu’on n’a pas changé le hibou, il continue à dire hou.

-Que quand je pose une question, le plus souvent j’obtiens une réponse que je connaissais déjà. Bien sur que je sais que le hibou va dire « hou ». Souvent on va chercher bien loin des choses que l’on a sous le nez, et chez les autres des réponses qu’on a dans la tête.

-Que le hibou à dit « hou », mais qu’il l’a dit à sa façon, dans son contexte, avec son intonation. Ce n’est pas le « hou » lui-même qui est important, mais la façon dont ce « hou » a été prononcé. Etait-ce un « hou » interrogatif, furieux, sur de lui ? Au-delà de ça, le simple fait de reporter des propos ou des actes, de façon « neutre », est parfois bien plus subjective que de donner une interprétation de ces propos. Il faut souvent se méfier de ceux qui prétendent ne pas prendre parti.

Voilà pourquoi j’aime les proverbes. Pas parce qu’ils détiennent une vérité absolue (d’abord les absolus n’existent pas, mais je vous ai déjà donné mon opinion sur le sujet il y a bien longtemps) ou une philosophie de vie à suivre sans faillir (Prudence est mère de sûreté, mais la fortune sourit aux audacieux, je fais quoi moi ?). Mais simplement parce qu’ils permettent d’exprimer en peu de mot une opinion que l’on a, d’une façon que l’on a de meilleures chances que les gens les comprennent. Et des outils qui améliorent la communication, c’est déjà vraiment appréciable. Ca ne vaudrait pas un truc qui donnerait la réponse au sens de la vie, de l’univers et du reste, mais ça à l’avantage d’exister (l’autre aussi existe, et c’est 42). Celui-ci en particulier offre l’heureux avantage de pouvoir exprimer bien des choses en peu de mot, merci les Espagnols. »

 

Hop! Ca n’était pas si compliqué (-; . Allez, comme je ne suis pas chien, je paye une tournée au premier qui a le bon goût de me ressortir ce proverbe dans le contexte normal d’une conversation et à bon escient.

 

(1) Quoique : De retour de vacances transpyrénéennes, et donc castillophones, je me suis rendu compte qu’en réalité j’ai sottement confondu « el buey » c’est à dire le bœuf, avec « el buho » qui, lui, est véritablement le hibou… Ce qui ne change pas grand chose, hormis le fait que du coup le buey, en français il dit pas hou, il dit meuh (Le niveau monte j’ai l’impression (-; ). Toutes mes excuses.

28 maggio

Quand on me cherche…

Il arrive qu’on me trouve. Quand on ne me cherche pas aussi d’ailleurs. La preuve ! De braves gens (et de moins braves sans doute) ont demandé à mon ami google (ami moins proche depuis quelque temps, il semblerait qu’il me reproche une liaison trop intime avec mon autre amie la wikipedia) de leur fournir quelques renseignements. Google, et quelques autres, dont ma très chère et transparente Alice, les orientent parfois bizarrement, et d’aucun sont arrivés ici, sans doute sans y trouver ce qu’ils cherchaient. Ce qui est italique est toujours sic. Les commentaires en écriture standards sont de moi. Par ordre d’arrivée

 

site prive jeux impudique : les jeux de mots et d’esprits sont surement impudique, mais ce site est public.

 

"enfilé ma mére" : Il se trouve que, selon google, j’étais le seul à répondre à cette demande. Google, ta jalousie t’égare, et il n’y a rien de bon à la vengeance.

 

 Substantifique moelle vie cyrano de bergerac : Un mot : Panache !

 

dunlopillo etreinte : Soit il y a des gens qui ont des fantasmes étonnants, soit la maison Dunlopillo à des produits d’une spécialisation qui me surprend.

 

se méfier de tout ce qu'on pense un peu trop fort Rostand dissertation : Je rappelle à l’ensemble des lycéens, collégiens, et éventuellement étudiants qui passeraient ici que chercher une dissert sur le net, non seulement c’est fort peu honnête, mais en plus c’est assez franchement stupide.

 

tisier google

 

on ne peut plus les quitter quand on les enfile : Mais de qui parle-t-il ?

 

enfilé dur : Attention, après il est encore plus difficile de les quitter…

 

perles et malheur : Tout un programme, tout une vie...

 

proverbe enfiler des perles

 

   la superstition je ne pense pas : Moi non plus (ou alors pas souvent.)

 

narcissisme moral Cyrano : Mais non, rien à voir Narcisse lui, il était beau

 

grille de synthese lotofoot : trois colonnes : "1", " N" et " 2", sur treize lignes. Je ne sais pas faire plus synthétique.

29 gennaio

« La technique n'est pas un obstacle à l'inspiration... » Boris Vian

Et une petite de Vian, ça ne peut pas faire de mal: Boris Vian, sorte de Pic de la Mirandole du XXème (le siècle, pas l'arrondissement). Pour ceux qui ignoreraient tout de la vie de Pic de la Mirandole, il s'agit d'un autre olibrius qui se proposait de disputer (on dirait aujourd'hui débattre) "de omni re scibili" (de toute chose qu'il est possible de savoir), "et quibusquam aliis" (et quelques autres) ajouta Voltaire, rien taquin sur le coup. Pour les autres, ce sont quelques instants perdus à lire ce qu'ils savaient déjà, mais finalement cela importe peu. La preuve, c'est que si cela me préoccupait vraiment, je n'aurais pas fait en sorte que vous soyez contraints de relire ce paragraphe pour être sur d'avoir tout compris. Ou alors c'est que j'estime la perte de temps faible au regard de la joie de faire un gag pas encore tout à fait éculé. Mais je constate que ce paragraphe d'introduction est tout à fait monopolisé par mon cabotinage stylistique mais peu stylé (Pour les plus vieux que moi, stylé est un jeunisme, qui suivra probablement la carrière de ses prédécesseur cool, fashion, top, délire ou bath, si ça n'est pas déjà fait), tant pis, j'abandonne le paragraphe gangreneux pour tenter de sauver le reste du texte et, ne reculant devant aucune audace, je terminerais mon introduction dans le deuxième paragraphe. Cascade!

Vian, parmi ses multiples carrières, a été chroniqueur dans une revue nommée Jazz Hot. Et comme c'est un grand penseur, il sait accéder à l'universel en parlant du particulier, la preuve: "La technique n'est pas un obstacle à l’inspiration... et un vocabulaire de 22 000 mots (m'a-t-on dit) n'a jamais gêné Shakespeare pour s'exprimer... ceux qui sont gênés sont les pauvres traducteurs avec leur bagage minable de 3 000 ou 4 000 mots."

Je crois qu'il est important de reprendre conscience de ce genre de choses dans un monde où j'ai l'impression qu'on méprise de plus en plus le savoir et le savoir-faire. De plus en plus de gens, derrière leur comptoir de café du commerce, affirment de façon péremptoire et « décomplexée » (expression à la mode qui a suivra bientôt, je l’espère, la carrière de « droit dans ses bottes », carbonisée par Alain Juppé) qu’ils sont aussi capables que n’importe qui de faire n’importe quoi, et même mieux que les experts, puisque c’est bien connu : « Ils ne connaissent rien à la vrai vie ». Cette remarque vaut, en général, aussi bien pour un ingénieur des ponts et chaussées qui trace une route, que pour un député qui vote une loi ou un docteur qui aurait le mauvais goût de ne pas diagnostiquer la maladie que son patient voudrait avoir.

Avec Vian j’affirme « la technique n’est pas un obstacle à l’inspiration » et qu’être expert d’un domaine donné n’est sûrement pas une raison intrinsèque de moins connaître « la vraie vie » que moi ou que n’importe lequel des bipèdes qui peuplent la planète. Je n’en déduis surtout pas qu’un spécialiste est une machine qui ne peut se tromper, ni qu’il faut suivre l’avis des gourous de ceci ou des grands saï-saï de cela sans y avoir réfléchi par soi-même. Simplement, force est de reconnaître que, dans son domaine d’expertise, un spécialiste a plus souvent raison que le commun des mortels.

Sans aucun doute, le bon sens est une chose formidable, qui permet plein de choses. Mais, d’une part, rien n’indique que celui qui y fait référence en soit plus doté que l’expert en question, qui a, lui aussi, un vécu, une expérience et cette sorte de chose, et, d’autre part, la technique et l’apprentissage permettent quand même d’aller beaucoup plus vite que juste en réfléchissant avec son bon sens.

Maintenant chacun fait comme il veut, mais moi quand il s’agit d’économie j’écoute avec attention les économistes, quand il s’agit de football, je donne de la valeur aux dires des entraîneurs professionnels et pour me faire opérer, je vais voir un chirurgien. N.B : A titre informatif, ledit Boris Vian n’avait rien de particulier contres les « pauvres traducteurs », d’autant moins qu’il faisait partie de cette confrérie de traîtres.

22 novembre

FSAC vaincra!

Qui n'a jamais été ennuyé ou agressé par la connerie d'un de ses congénères? Qui n'a jamais assisté à la démonstration flagrante de la connerie quotidienne et de son pouvoir de nuisance? La connerie existe, c'est une donnée de la vie. Chacun, à notre niveau, nous en transportons un petit bout. Heureusement, partout dans le monde des gens se liguent pour lutter contre les effets de ce fléau.

Le Front Solidaire Anti-Connerie comporte déjà des millions de membres qui font partie, sans le savoir, de ce réseau qui transcende les générations, les cultures, les gouts, les sexes, les classes sociales, les convictions politiques ou religieuses. Il permet à ses membres de trouver ou de donner un peu de réconfort, de l'espoir et le gout de l'Homme dans ce qu'il a de bon malgré ses travers. Il se bat sans relâche pour soulager les victimes, innocentes ou non, des agressions régulières de la connerie. Pas pour éliminer, ni même limiter la connerie, tant on sait que personne ne s'accorde vraiment sur comment accomplir cette tache, mais plutôt pour en limiter les effets nocifs, l'adoucir, en diminuer la gravité jusqu'à la rendre, pour ainsi dire, inoffensive. Aujourd'hui, comme toujours, le FSAC a besoin de vous.

Je ne parlerais pas ici de connerie à grande échelle, de guerre, de génocide, de vandalisme qui dépendent plus du crime que de la véritable connerie, mais bien de la petite connerie quotidienne, celle qui n’est pas physiquement dangereuse, mais qui vous pourrit bien la vie quand même. Vous savez, comme quand ce gars dans la rue ou les transports va se coller à un inconnu pour lui parler sur un ton plus ou moins agressif et de façon plus ou moins cohérente. Ou comme cet autre qui, en réunion, se lance dans de grands discours/débats, sur des sujets qui n'intéressent personne, même pas lui, ou sur des thèmes où, de toute façon, la décision sera prise ailleurs. Il arrive que vous ne soyez pas la (seule) victime de ce genre d'agression. Dans ce cas il est de votre devoir moral d’adhérer sans attendre au FSAC et de faire preuve de solidarité face à l’agression. Pas en agressant soi-même en retour l’impudent (ce qui consisterait à faire preuve de connerie et serait au paroxysme de la contre-productivité), mais bien en faisant preuve de solidarité, d’un geste humain et amical. Un sourire, un regard de compréhension triste ou un gentil haussement d’épaule.

            Ce geste d’empathie permet à la victime de dédramatiser l’agression dont elle vient d’être l’objet : Finalement, le couillon qui a grillé le feu rouge pour rester bloqué en travers du carrefour ne lui fera jamais perdre qu’un quart d’heure, et ça  n’est pas si grave. Elle permet surtout à la personne agressée de se souvenir, dans un moment où le doute est fort, que la majeure partie des êtres humains ne sont pas des crétins finis sans considérations pour les autres, et que, au contraire, la plupart des hominidés sont des gens biens.

            Il est, pour certains, difficile d’aller vers l’autre et de faire un geste amical envers un parfait inconnu, mais croyez-moi, ce geste vaut largement l’effort qu’il coute, ne serait-ce que parce qu’être considéré comme quelqu’un de bien, même par un inconnu, et une source de plaisir intense. Bref, pour le bien-être de l’Humanité, FSAC vaincra !

18 ottobre

Quelques mots d’amour

            Puisque le message précédent évoquait l’amour de son prochain et que j’aime faire ici des diptyques, voici une petite entrée sur l’amour au sens plus privé du terme. Dans la mesure où justement c’est quelque chose de privé, je n’ai pas d’éclairage particulier à apporter. Du coup voici juste quelques mots d’amour, sélectionnés pour leur originalité en même temps que leur beauté, leur richesse un lien avec mon histoire personnelle ou un « je-ne-sais-quoi » qui m’a plu, en espérant en pas tomber dans la mièvrerie…

 

Je reverrai tes yeux

Dans les couloirs de mes rêves.

Qu’un souffle les enlève,

 J’éventrerais les cieux  Les têtes raides, dépêche-toi

 

I don't believe that anybody feels the way I do about you now” Oasis, Wonderwall (Je ne crois pas que quiconque ressente la même chose que moi pour toi maintenant)

 

Emmène-moi, emmène-moi, on doit pouvoir se rendre écarlates  Noir désir, écorché vif

 

De la lumière à en déchirer la nuit  Eiffel, Tu vois loin

 

 You float like a feather

In a beautiful world” Radiohead, Creep (Tu flottes comme une plume dans un monde beau)

 

Prends ma main, on verra bien  Romain Humeau, Prends ma main

 

J'étais à des années lumières

De penser qu'un jour je pourrais lui plaire

Ca m' sidère”  -M- , La bonne étoile

 

Tu rampes et tu guettes et tu mendies des mots

Tu lis ses poètes, aime ses tableaux  Jean-Jacques Goldman, Et l’on y peut rien

 

Ouv'tes lèvres de sauvetage  Eiffel, Sanguine

 

Tu es mon plus beau paysage  Dolly, Comment taire

 

Je veux des souvenirs avec toi” Michel Berger, La déclaration

 

Envole-moi dessus bord” Tryo, Serre-moi

 

Elle sait les îles auxquelles je pense

Et l’autre moitié de mes désirs” Francis Cabrel, La fille qui m’accompagne

 

Love's not a competition

But I'm winning” Kaiser chiefs, Love is not a competition (but i'm winning)

 

Je voudrais pas crever

Avant d’avoir usé

Sa bouche avec ma bouche

Son corps avec mes mains

Le reste avec mes yeux” Boris Vian, Je voudrais pas crever

 

Et pour conclure par là où j’avais commencé :

Il manque quelqu’un prêt de moi

Je me retourne, tout le monde est là” Michel Berger, Quelques mots d’amour

 

24 luglio

De l'amour

 Allez, je me sens d'humeur à faire œuvre de synthèse. Cette fois-ci vous n'aurez pas droit à mes déblatérations sur la qualité de tel ou tel bon mot, proverbe ou citation, vous aurez droit à un discours péremptoire professé sous le faux couvert de plusieurs de ces assertions plus ou moins célèbres. Comme annoncé précédemment, le thème du jour sera donc l'amour. Pas l'amour qu'un homme peut avoir pour une femme (ou une femme pour un homme, ou un homme pour un homme, ou une femme pour une femme), ça c'est du domaine de la vie privée, chacun se gère comme il peut et je n'ai d'éclairage à donner à personne. Je parlerais plutôt de l'amour de son prochain en tant qu'être humain. Allons-y, par ordre d'entrée en scène:
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même" Le Lévitique, auteur inconnu
"Aimez-vous les uns les autres" attribué à Jésus de Nazareth
"L'amour comme arme" L’amour comme arme Sinsemillia
"
Il faudrait tout porter : leurs affaires, les nôtres,
Martyrs et fiers d'aimer marchant la tête haute
" ça oublie d'aimer, Prohom

                       

Bon, et une fois que j’ai dit ça, il y a peu de chances que j’échappe à l’écueil du douçâtre et du consensuel ni au coup de bélier sur porte ouverte. Ca m’apprendra à m’attaquer à un message répété sur tous les tons depuis quelques milliers d’années, avec plus ou moins de conviction et d’intérêt d’ailleurs.

Malgré tout, cela reste un credo : je reste persuadé de l’intérêt, tant au plan individuel que collectif, de me passionner (notez, s’il vous plait, l’habile référence biblique) pour le bonheur de mes frères et sœurs en humanité.

Sur le plan collectif d’abord. Malgré la mode actuelle du libéralisme « décomplexé », je ne crois pas qu’il y ait vraiment des gens suffisamment fanatiques des théories d’Adam Smith pour croire sincèrement que la collectivité a beaucoup à gagner à ce que chacun ne se préoccupe que de soi. Se préoccuper du bien-être de tous me semble positif en termes de bien-être collectif. L’Homme est un animal social, ça fait bien longtemps que l’on sait cela. L’esprit d’entraide et de soutien me semble, à moi, bien plus profitable à tous que la recherche de l’écrasement de l’autre. Cela n’empêche pas un certain esprit de compétition par ailleurs, mais l’esprit de compétition n’est une chose positive que lorsqu’il s’agit de faire mieux que quelqu’un dont on admire l’œuvre, et pas lorsque l’on veut seulement minimiser les résultats de l’autre. Autrement dit l’esprit de compétition lui-même à besoin de l’admiration et de l’amour de son prochain pour être constructif et positif pour la collectivité.

De façon un peu moins triviale, je pense que, sur le plan personnel, l’amour est aussi une arme intéressante à ajouter à son arsenal. Une arme contre la platitude (y compris dans le sens québécois du terme) d’abord, parce que s’intéresser à l’autre et voir chacun comme une entité digne d‘un l’intérêt supérieur permet de s’ouvrir à tout un tas d’activités, de sensations, de plaisirs nouveaux. Si les autres sont, a priori, des gens que j’aime, je m’y intéresse, et donc je suis bien plus facilement en position de comprendre et d’aimer ce qu’ils aiment, et chaque être humain renferme en lui tout un univers de choses à découvrir. C’est également une arme dans les conflits, parce qu’il faut bien reconnaître que l’Homme a besoin de reconnaissance, et qu’aimer les autres est un atout formidable pour être aimé, parce que prêter de l’attention aux gens a toujours été un bon moyen pour attirer la leur. Sun Tzu le disait déjà quelques siècles avant moi : Le meilleur moyen de gagner une bataille, c’est de l’éviter. L’amour me semble être une arme absolument formidable pour éviter la plupart des combats.

Evidemment je n’ai fait qu’effleurer le sujet, et conclure ici ne me semble pas un exercice facile. D’autant que j’avoue que je voudrais éviter d’avoir à citer quelque comédie musicale (parce que c’est plus du tout à la mode, les comédies musicales, il paraît), alors du coup je vais simplement en profiter pour vous glisser subrepticement ma devise personnelle : « fais du bien à tes amis si tu en as, et à tes ennemis si tu ne veux plus en avoir ». A bon entendeur, salut.

  

06 aprile

Quand un arbre tombe on l'entend, quand la foret pousse pas un bruit

Voilà un dicton comme je les aime: Simple dans sa formulation, facile à  comprendre, particulièrement riche de sens (au pluriel, sens) et d'une profonde  sagesse. Tout ce que j'ai pu trouver sur sa provenance, est qu'il s'agit d'un  dicton africain, c'est dire le peu de précision dont je dispose, tant l'Afrique  du Sud me semble différente de l'Egypte, qui elle-même ressemble parait-il assez  peu au Sénégal. J'en profite, au passage, pour partager avec vous mon  émerveillement devant le fait qu'une simple phrase, probablement formulée par un  être humain, puisse se répandre jusqu'à en être considérée comme à ce point  canonique qu'il devient impossible d'en modifier une virgule sans "se tromper".  Et haro sur l'idiot qui aurait envie de dire "qui veut abattre son chien  l'accuse de la rage", parce que ce n'est pas comme ça qu'il a dit, le monsieur  dont plus personne ne se souvient, mais qui ne se débarrassait de ses sacs à puces qu'en les noyant.
 
Mais revenons à nos moutons arborescents (drôle d'espèce). Je ne crois pas avoir  besoin d'en faire des tonnes pour vous faire sentir la substantifique moelle de  ces deux phrases qui tiennent à la fois du ferroviaire "on ne parle jamais des  trains qui arrivent à l'heure", de l'Exupérien "on ne voit bien qu'avec le coeur,  l'essentiel est invisible pour les yeux" voire même du fontano-esopesque  "patience et longueur de temps font plus que force ni que rage". Je n'en rajoute  donc pas, et vous rappelle que, s'il est important d'entendre les arbres tomber,  il est à la fois plus difficile et plus essentiel de comprendre que la forêt  pousse...
05 febbraio

« Si tu ne participe pas à la lutte, tu participes à la défaite » Berthold Brecht

Et voilà, comme je fais un blog de gauchiste qui se la pête (grave, ajoutent les vrai djeun’s d’un air entendu), il fallait forcément que j’en vienne à citer du Brecht. Comme ça, ça sera fait, j’aurais l’esprit libre et le cœur léger. En plus, je vais en profiter pour râler un coup, cela ne changera probablement rien, mais au moins je me serais exprimé (-;

En effet, s’il y a une chose qui m’insupporte fort, ce sont les gens qui estiment que le monde devrait/pourrait être parfait, et que donc tout ce qui ne l’est pas est une sorte d’offense qui ne mérite que le mépris et/ou les quolibets. Ces gens-là aiment beaucoup regarder les guignols de l’info ou lire le canard enchaîné. Ils considèrent qu’une chose est « bien » ou qu’elle ne l’est pas. Si elle ne l’est pas il suffit de le dire, si possible de manière désagréable. Si les personnes concernées ne corrigent pas le problème, c’est qu’elles sont soit mauvaises, soit malhonnêtes. Si personne n’est concerné, c’est alors forcément le système qui est pourri. Comme pour la plupart des imbéciles, la vie de ces gens est simple, sans complications, et sans prises de tête. Le monde est bien plus complexe, et si les choses ne sont pas toujours comme on le voudrait, il y a très souvent des causes. Mais, bien sur, il est plus facile et plus tentant de râler et de montrer ce qui ne va pas que de s’impliquer et de changer les choses, ou même simplement de chercher les causes d’un problème.

Bref, avant de pester contre les autres, leur méchanceté ou leur incompétence, il vaut mieux vérifier qu’ils ne font pas au mieux, et qu’on est capable de fournir une alternative viable et raisonnablement envisageable. Ce simple effort de réflexion fait taire une bonne partie des velléités belliqueuses de tout un chacun, et contribue grandement à la sauvegarde des nerfs de tout le monde. Évidemment, cela nuit fortement à un genre littéraire qui est à la fois un courant philosophique et que l’on nomme « café du commerce ». D’un autre côté, il n’est pas vraiment en voie d’extinction, et puis, pour tout vous dire, je ne serais pas aussi chagriné de sa disparition qu’il n’y paraît à la première lecture de ce blog. Il reste encore le cas où, effectivement, on pourrait mieux faire que ce qui est fait. Reste encore à faire l’effort nécessaire à obtenir le changement. Parce que faire un bon diagnostic n’est pas guérir le malade. Bref, comme je l’ai entendu : « on ne peut pas se plaindre des responsables, si on ne prend de responsabilité ».

16 dicembre

encore les moteurs de recherches

Bon, je sais, ça fait longtemps que je vous délaisse. J’en suis navré. J’essaye d’avancer un peu sur plusieurs notes, mais aujourd’hui aucune n’est suffisamment avancée pour mériter d’être soumise à votre brillante sagacité commune alors je gagne un peu de temps et créé du contenu pour peu d’effort grâce à mes camarades de jeux les moteurs de recherches, qui ont, eux, la gentillesse de ne pas m’oublier. Parmi les millions de fans hystériques qui consultent ce blog quotidiennement, certains ont des idées bizarres, la preuve, voilà ce qu’ils ont demandé :

superstition perle et mariage

cantona kool shen : Quitte à prendre des pains, perso je vote pour Eric the Brat, il a carrément plus d’humour

Aurignal : désolé, il faut chercher de l’autre côté de l’Atlantique

se faire enfile : tiens, ça aussi

grève de l'éducation du 28/09/06 : Non, moi ce jour là, j’ai continué à éduquer mes congénères… A moins que ça ne soit l’inverse ?

dissertation:faut-il se méfier des apparences : Visiblement, tous les profs de philo ne sont pas en grève

loto foot du 7/10/06

(dissertation philo:peut on savoir ce que l'on fait?) : savoir qu’on est en train de tenter de pirater une dissert sur internet plutôt que de se mettre à bosser pour de vrai, par exemple ?

"ce n'est pas la rue qui gouverne" dissertation : non, effectivement, on trouve plus de dirigeants dans les salons…

que signifie mouaip : mouarf

pasticher bougie : si quelqu’un comprends, ça m’intéresse de savoir…

dissertation:faut il changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde? En tout cas c’est plus simple

proverbe "pour qui sonne le glas" alors vous allez me recopier cent fois : « une citation n’est pas un proverbe »

les perles superstition

la vie amoureuse d'Herbert George Wells :Désolé, je fais pas dans le people

sujet de dissertation:faut-il chercher a appliquer l'utopie? : Google, mon ami, je t’aime bien, tu me rends des services, mais si c’est pour m’envoyer des gens pour m’énerver ce n’est pas la peine.…

16 settembre

"Le monde est un bel endroit, qui vaut la peine qu'on se batte" Ernest Hemingway

Pour tout un tas de raisons, les billets sur ce blog s'espacent. J'en ai un certain nombre en cours, avec un peu de persévérance, j'en finaliserais peut-être quelques uns sous peu. En attendant j'ai lu ça hier, sur un stand de la fête de l'Huma. Pour tout dire, ce n'est pas tout à fait ça que j'ai lu... j'ai retouché un peu la traduction qui ne me semblait pas optimale. Cette phrase m'a touchée pour plein de raisons, y compris son auteur, forcemment. Alors je la porte à votre connaissance et à votre méditation. Pour votre culture personnelle, c'est extrait de "pour qui sonne le glas".
22 luglio

«Voilà Le Bret qui grogne » Edmond Rostand

Cette note est spécialement dédicacée à tous les Le Bret que j’ai eu l’occasion de croiser dans ma vie, et plus spécifiquement encore à la personne a qui j’ai dit cette phrase une bonne douzaine de fois, sans qu’elle ne se rende jamais compte de ce j’étais en train de lui dire, et qui ne se reconnaîtra peut-être jamais.

Cyrano de Bergerac. Forcément Cyrano de Bergerac. Je risque de multiplier les superlatifs, quitte à vous vous lasser. Je dirais simplement que Cyrano de Bergerac est une pièce épique, flamboyante, brillamment écrite, mais que c’est surtout bien plus que ça. J’y trouve à chaque lecture un plaisir nouveau. Les morceaux de bravoures y sont multiples, j’ai une affection toute particulière pour la scène finale. Et de façon assez surprenante, parmi une foultitude de phrases magnifiques, j’ai choisi de vous parler de celle-ci qui, soyons honnête, tirée hors du contexte n’a pas vraiment de sens. Et pourtant cette phrase revient quatre fois dans la pièce, équitablement répartie à la fin des quatre quarts (non, pas le gâteau).

Alors qui est ce Le Bret, et pourquoi grogne-t-il ? Le Bret est un ami de Cyrano. SON ami pour tout dire, et une sorte de Jiminy Criquet avant l’heure. Le Bret est plein d’admiration et d’affection pour Cyrano. Il apprécie ses talents de bretteur, de poète, de scientifique aussi, son panache, son inventivité, son courage. Et malgré cela il regrette un peu le caractère entier du gascon. Pas pour lui, non, Le Bret s’accommode très bien du côté fantasque et libertaire de son ami. Mais il voudrait que les autres reconnaissent Cyrano à sa juste valeur. Et celui-ci pourrait alors avoir toute la reconnaissance que Le Bret peut imaginer : Richelieu est prêt à lui acheter ses pièces, il peut se battre avec cent hommes et triompher, se battre en composant une ballade. C’est un des plus brillants esprits et des plus fines lames de son temps. Il pourrait être riche, célèbre, reconnu, influent. Voilà ce que Le Bret, plein de bonnes intentions, souhaite pour Cyrano. Et c’est pour qu’il obtienne cela qu’il lui conseille souvent de transiger, d’être moins entier, de faire parfois passer ses intérêts avant ses idées.

Cyrano est loin de cela. Il a à la fois bien moins et bien plus d’ambition que cela. Pour lui la reconnaissance est une belle chose, mais une petite chose. Son amour-propre est si important à ses yeux, qu’il est prêt à y sacrifier la quête d’amour que nous vivons tous. Ce qui lui importe le plus, c’est, avant toute chose, d’être bien avec lui-même. Et finalement c’est la grande force de Cyrano, ce qui lui permet d’aller plus loin que les autres : Il n’a pas vraiment besoin d’être mis en valeur par les autres. Vivre sa vie pleinement, avec panache, explorer la diversité du monde, et le faire bien, voilà ce qui lui importe. Alors grogne. Grogne Le Bret ! Tes grognements font sentir à Cyrano la valeur qu’il a à tes yeux. Mais, pour flatté qu’il soit, il n’ira pas dans la direction que tu lui indiques. À tes yeux, ta vision de ce qu’il pourrait faire et être est peut-être plus prestigieuse, mais l’important avant toute chose c’est déjà d’être bien avec soi-même.

20 giugno

Google et ses amis...

Comme vous le savez, mes amis les moteurs de recherches m'envoient parfois du monde, il arrive que ça soit des hurluberlus qui ont de drôles de demandes, ou des gens peu recommandables. Mes recherches préférées qui ont abouti sur mon site (c'est toujours sic, et en Italique. Les commentaires sont de moi)

poésie sur le manque d'une personne: Ne quittez pas, un opérateur va vous répondre

la protection de l'envirronement : Ce blog respecte les arbres et ne dégage pas de gaz à effet de serre, ou alors pas fort, et c’est déjà pas mal…

ceci ne tient que toi : Comme beaucoup du reste

comment les gens dans les pays chaud: Et oui : comment ? Je me le demande encore

citation un mec bien sa existe : Merci d’avoir pensé à moi, google, mon ami…

address email du notre pere : Retour : destinataire décédé, n’habite plus à l’adresse indiqué (ben oui quoi, Dieu est mort, vous ne saviez pas ?)

exemples dissertations sur la poesie en prose : Sitôt dit, sitôt fait

comment est rémunéré un maçon : mal

être comédienne , métier difficile : N’est ce pas ?

actualité du 23/02/2006: les jeux olympique divers un petit résumé : Non : l’actualité, même diverse, c’est plus loin.

dissertation pensez vous qu'on puisse être heureux en vivant dans et par la consommation : Oui (comment ça, c’est trop court pour une dissertation ?)

philo dissertation faut il travailler pour etre heureux : Visiblement tant qu’il y aura de la philo au programme de terminale, j’aurais des visiteurs sur mon blog…

PERLE AFFAIRE SOIS Méme pour mariage : Sic transit, gloria mundi…

ENFILE MOI : Oui mais quand ? Parce que moi, le mercredi, j’ai hand…

casseurs place de la République 28/03/2006 : Je jure que ça n’était pas moi, et d’abord je suis non-violent.

commet fonctionne une betonneuse : Vous tombez mal, je ne me comment jamais avec ce genre d’engin

programme ca se discute le 12/04/2006 : Parfois, je finis par me demander si google (qui est un ami, dois-je le rappeller ?) ne boit pas parfois en cachette…

alors que revoilà la marquise les nuls : Roooh… N’importe quoi pour les nuls c’est une sous-préfète pas une marquise… Alors forcément à chercher n’importe quoi on tombe n’importe où…

"pervertie notre jeunesse" : Il y a erreur là… Moi je ne suis ni jeune, ni pervers…

11 giugno

« Je crois ce que je vois, je vois ce que je regarde, et je regarde ce que je veux » attribué à saint Thomas

Chose promise, chose due. Je ne résiste pas au plaisir de vous écraser du haut de mon ouverture d’esprit, puisque, athée et mange-curé comme je suis, je vais aller jusqu’à dire du bien d’un philosophe chrétien (et puis écraser du haut d’une ouverture, c’est comme la bouteille à la mer sur l’autoroute de l’information, c’est une coquetterie de langage qui me plait). Je ne vous cache pas que ça a été assez difficile et que ça a retardé un certain nombre d’autres entrées, mais je m’étais stupidement fixé comme contrainte de vous parler de saint Thomas après Sartre. Comme quoi, les contraintes n’apportent pas toujours la créativité. La preuve : Cette entrée, elle va être toute plate. Elle a, en effet, pour objet de décrire un processus cognitif tout bête (même si ça elle la raconte un peu, l’expression « processus cognitif », je la laisse, je ne trouve pas plus efficace, et puis je suis sûr que, malgré la tête bizarre de certains, vous l’avez tous comprise). Je crois même avoir entendu une psy le décrire sous la somptueuse proposition de « auto-renforcement des perceptions ». Lorsque, dans la vie courante, on fait une hypothèse et que l’on cherche à la vérifier, on a, en général, pas la rigueur de créer un panel, de noter les résultats et d’en tirer ensuite les conclusions. On saute directement à la dernière phase et on obtient le genre de résultats suivants : « à chaque fois que je lave ma voiture, il pleut » ou « le lundi au soleil, c’est une chose qu’on aura jamais » pour les pessimistes « J’ai toujours de la chance aux jeux de hasard » pour les optimistes. Cela est du au fait que, selon si on est optimiste ou pessimiste, on remarque davantage les cas favorables ou défavorables, qui deviennent donc dans l’esprit de l’intéressé une règle. Au fur et à mesure du temps, comme les cas favorables se reproduisent, cette perception se renforce. Chaque cas favorable renforce la perception et les cas défavorables ne sont vécu que comme des exceptions, qui, comme chacun le sait, confirment la règle. En résumé, chaque fois qu’il faut beau le lundi, on peste que si on avait eu un temps comme ça ce WE… et si jamais ce n’est pas le cas, un « pour une fois » suffit à balayer la statistique et resté persuadé de sa bonne appréciation du monde. Conclusion : Il faut toujours se méfier de la perception que l’on a du monde et des choses dont on est persuadé sans raisons. Croyez-en un matheux : tout théorème non démontré à une grande probabilité d’être faux.
04 maggio

« Car le monde sera ce que tu le feras… » Maurice Vidalin

« … Plein d’amour de justice et de joie ». Voilà un extrait d’une chanson qui me tient particulièrement à cœur. Je sais, vous vous en foutez, mais je vous rappelle que la plupart des blogs sont écrits par des gens qui sont là pour raconter la vie dans une forme tout à fait impudique de journal extime (quand c’est fait exprès ça ne s’appelle pas un barbarisme, mais un néologisme, et c’est très joli, si si) Alors vous allez pas m’embêter pour une pauvre phrase de ma vie perso de temps en temps. En plus, franchement s’il faut que je me justifie 4 lignes à chaque fois, ça va vite être pénible pour tout le monde. Et le fait que je m’enflamme tout seul et que personne ne m’ai rien dit n’a rien à voir là-dedans. Donc voilà un extrait de la magnifique chanson de Michel Fugain qui s’appelle « le chiffon rouge ». Pour qui aime les chants de lutte, ça fait partie des musts, je vous engage d’ailleurs (une fois de plus, je sais) à découvrir le texte intégral, c’est simplement et indiciblement beau. « Le monde sera ce que tu le feras » voilà un message qu’il serait bon que chacun se rentre dans la tête. Le monde est ce que, collectivement, nous décidons d’en faire, aux lois de la nature près bien sûr. Un certain nombre de personnes, qui sont tout à fait satisfaites de l’état actuel des choses, cherchent à nous faire croire que rien ne peut changer, que les forces à l’œuvre dans le monde sont largement supérieures à ce que de simples citoyens peuvent modifier. C’est foncièrement faux. La société, quelle que soit, ne doit jamais être que le reflet des gens qui la composent. En tout cas elle n’est jamais rien que ses membres ne puissent modifier. Ça semble idiot, dit comme ça, mais en nos temps de mondialisation à outrance, de multinationales tentaculaires et de systèmes globalisés, tout nous pousse à croire que, puisque même les gouvernements ne sont pas de tailles à lutter contre le système, c’est donc que les peuples sont démunis, que le « système » est désormais plus fort que la somme des individus qui le compose. Quelle blague ! Et que serait ce système sans les Hommes qui le compose ? Sans nous citoyens/travailleurs/consommateurs ? Nous sommes les briques de cette société. Quelle que soit la forme du mur, si solide ou si complexe soit-il, ce sont ces briques qui « font » le mur. Je ne crois pas en l’existence d’un « grand architecte » et encore moins sur le plan social que dans d’autres. Alors bien sûr, il y a des éléments difficiles à remettre en cause et chacun de nous n’est qu’un dans la masse. Mais n’oublions jamais que ce monde est le nôtre et qu’à nous tous, on peut tout. N.B : Attention toutefois à ne pas non plus tomber dans l’angélisme, et ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit. Aucun de nous ne peut former le monde à son image, selon ses désirs, et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable (il aurait une belle gueule, le monde s’il ne dépendait que de moi (((-; ).
23 marzo

Il n’y a pas de raisons que ça soit toujours le même qui bosse

Bon, vous l’avez constaté, mon rythme de publication est en baisse significative. La qualité de ce qui est publié également. Pas que je manque franchement d’inspirations, (j’ai une dizaine d’entrées en cours) mais, depuis quelques temps, j’ai beaucoup de mal à mobiliser mon énergie pour finaliser des textes, couper les parties non pertinentes, assurer mes liaisons, et présenter un boulot à peu près finalisé.

Résultat, je vais employer la méthode de bien des bloggueurs pour avoir du contenu pour peu d’efforts : Racketter les neurones de leur pauvre lectorat. Bref amies lectrices, amis lecteurs, public méconnu, mais néanmoins chéri, mon amour, je compte sur vous. Comme j’ai envie de vous faire bosser, je vais vous proposer un jeu, comme ça, ça fait jeune et sympa, ça ne change rien, mais vous ferez comme si vous ne vous en étiez jamais rendu compte.

Les règles du jeu sont les suivantes : Je fournis une citation à commenter. Vous avez jusqu’à la fin du mois prochain pour proposer un texte de commentaire. Si vous parvenez en plus à me pasticher, c’est encore mieux. Le (ou les si je me sens bon) meilleur(s) texte(s) seront récompensés d’une invitation à dîner. J’accepte les propositions sous à peu prêt tout format accessible de moi, commentaire, mail, entrée blog pour peu qu’on me la signale… J’espère juste ne pas avoir à relancer tout ce que ce blog compte de lecteurs, réguliers ou épisodiques, pour obtenir deux petites réponses de rien du tout.

La citation à commenter sera un proverbe espagnol : Hablo el buey, y dijo: mu. Ce qui veut dire en bon français : le hibou a parlé, et il a dit : « hou ». A vos plumes.
15 marzo

« Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur » Jean-Paul Sartre

Voilà une entrée qui devrait me faire des amis. Je vais parler ici de superstitions et beaucoup vont se sentir visé-e-s. Et comme ils auront raison. D'autres ne se sentiront pas concernés. Et ils auront tort. Au risque de me faire traiter de rationaliste extrémiste et de scientiste, je m’en vais quand même traiter des mots de Jean-Paul Sartre (pas le bouquin, juste la grosse poignée de caractères que vous avez lu il y a quelques instants)

L’esprit humain est ainsi fait qu’il cherche toujours à identifier les chaînes de causalité. La mise en relation d’éléments disjoints pour établir une causalité entre eux, est une des formes de ce que nous appelons l’intelligence. C’est d’ailleurs très pratique dans la vie courante, ne serait-ce que pour comprendre qu’en appuyant sur un interrupteur on allume, qu’en tournant une clé dans une serrure on ouvre ou qu’en emboîtant une prise male dans une prise femelle l’eau de la bouilloire au bout du fil se met à chauffer.

Aussi utile et performant soit le mécanisme qui nous permet d’établir ainsi des liens de causalité, il a un revers : A force de chercher à découvrir des liens entre les choses qui en ont, on finit parfois par en voir là où il n’y en a pas. A titre d'exemple, un des domaines pour lesquels ce phénomène est le plus évident: le jeu, et notamment le sport. Voilà un domaine ou les gris-gris disputent aux rituels ou autres vêtements fétiches. Jusqu’à l’icône, Zinedine Zidane, qui avoue lui-même qu’il met la chaussure gauche en premier, toujours. Je ne pense pas que quelqu’un, et surtout pas lui, ne croit un seul instant que l’ordre dans lequel on met ses chaussures à une importance sur la qualité du match qu’on va disputer. Et pourtant, notre esprit est ainsi fait qu’il a tendance à vouloir nous imposer ce genre de rituel. Et le plus fort, c’est que plus on y croit, et plus le « mauvais signe » va être puissant. Parce que notre superstition va nous perturber, et finalement nous « porter malheur ». La superstition peut éventuellement nous « porter bonheur » en nous confortant dans une pensée positive. Mais il faut bien dire que le cas est plutôt rare et que la superstition finit par être perturbatrice.

Evidemment, toutes les superstitions ne sont pas aussi trivialement sans fondement que celle-ci. La plupart du temps nous ne prenons même pas la peine de s’interroger sur l’inanité de nos superstitions, tant nos rituels nous paraissent (et sont d’ailleurs) naturels. En ce qui concerne les superstitions les plus couramment réparties dans la population (fois diverses, phénomènes « paranormaux », pseudo-sciences…) les tenants les plus fervents de ces superstitions, et surtout ceux qui en vivent, cherchent quand même à rationaliser les phénomènes a posteriori. On parle de théories sans chercher à vérifier leurs fondements, en pensant que le vocabulaire suffit pour une démarche scientifique. Dans le pire des cas, on botte en touche du classique « de toute façon on ne sait pas tout ». Ce qui revient, à mon avis, à planter des drapeaux bleus dans son jardin de banlieue pour éloigner les girafes. La meilleure preuve que ça marche, c’est qu’il n’y en a pas, des girafes, dans mon jardin.

Personnellement, je considère que ces superstitions, chaînes de causalités établies et non expliquées, sont des obstacles à ma bonne interprétation du monde, outre le fait qu’elles portent malheurs. Alors je les fuis comme la peste. Libre à vous de faire différemment et d’y trouver une illusion de meilleure compréhension du monde.

            Au passage, le phénomène de superstition est encore renforcé par un autre de nos instincts : celui qui fait que nous avons tendance à voir ce que nous regardons, et donc à renforcer inconsciemment notre perception du monde. Mais je pense que je vous parlerais de saint Thomas une autre fois.

06 marzo

« Pense que, si rien n’est sur, il est un torrent qui charrie de l’or» Romain Humeau

            Je suis navré de ce phénomène (ou pas, diraient certains de mes camarades de jeu, et en l’espèce ils auraient sûrement raison), mais il semblerait que mon temps disponible soit en assez nette diminution, et ce sont les textes que je vous livre ici, tels des bouteilles à la mer jetées sur les autoroutes de l’information (j’imagine la scène de quelqu’un jetant des bouteilles sur une autoroute, et ça m’amuse beaucoup, comme quoi il me faut peu) qui semblent en pâtir.

            Pour me faire pardonner, en attendant la finalisation d’un certain nombre de textes en cours, mais je ne dois pas être d’humeur très finalisatrice en ce moment (oui, je sais, barbarisme, na na na), voici un petit extrait de « prends ma main » splendide texte sur lequel je vous conseille de vous pencher, même si je me doutes bien que vous n’en ferez rien, bande de fainéant. Je profite du fait, que je ne pense pas qu’il y ai besoin d’interprétation derrière tout ça, en tout cas rien dont  je sois capable, pour vous le livrer tel quel, débrouillez-vous avec ça…
13 gennaio

« Le plus dur est de dépendre du désir des autres» A. Jaoui / JP Bacri

            Pour ceux qui ne connaissent pas, cette phrase est extraite du film « le goût des autres » d’Agnès Jaoui. Un grand film, à la fois construit, brillants, drôle et servi avec talent. Cette phrase est la réponse, mi-gênée mi-vexée, d’une comédienne à qui l’on demande ce qui est le plus difficile dans son métier. La gêne est due au caractère profondément intime de la réponse, d’autant que son interlocuteur arrive avec une réponse toute faite : ça doit être la mémoire

Maîtriser quelque chose de technique, comme la mémoire, peut être difficile. Mais, sauf exception, cela se travaille et s’obtient. Il en va de même pour beaucoup de choses de la vie. Avec du temps et des efforts, n’importe qui peut apprendre à chanter, jouer au foot ou manipuler un ordinateur. Si nous ne sommes pas aussi fort que nous le voudrions là-dedans c’est que nous n’étions pas assez motivés pour y consacrer les ressources qu’il aurait fallu. Cela, n’importe qui est prêt à l’accepter. Bien sûr, tout le monde n’est pas Eric Cantona, et le génie est une autre chose. Mais arriver à faire quelque chose de techniquement correct est à portée de tous, à condition d’y consacrer le temps et l’énergie nécessaire.

Mais la technique n’est pas tout : Si nous pouvons faire énormément d’efforts et passer énormément de temps pour nous améliorer, la façon dont nous sommes perçus par les autres dépend au moins pour moitié d’eux-mêmes, de ce qu’ils attendent de nous. Pour donner un exemple trivial, on peut passer des années à apprendre l’espagnol, jusqu’à devenir très fort, en connaître les subtilités sémantiques. Cela ne sera pas de la moindre utilité pour un séjour à Tuvalu. Plus largement, aussi loin soit-on allé dans son accomplissement personnel, aussi fort soit-on dans un domaine où l’autre, ce n’est pas ça qui nous fera apprécier des autres, qui n’attendent peut-être pas de nous ce que nous voulons donner.

Pour un comédien, qui en fait sa source de revenus, comme pour n’importe lequel d’entre nous, le plus difficile est d’accepter ce sur quoi il n’a pas vraiment d’influence : Etre rejeté simplement parce que l’autre n’a pas envie de quelqu’un comme nous, n’est pas prêt à l’accepter. Certains deviennent alors agressifs, considérant que l’autre n’est alors qu’un crétin sans goûts, complètement obtus. D’autres s’enfoncent alors dans la déprime, recherchant toute imperfection en eux, culpabilisant du moindre défaut, souffrant de ne pas pouvoir satisfaire à tout le monde. D’autres enfin s’y perdent complètement, cherchent à devenir ce que les autres attendent d’eux, se fondent dans un moule et cherchent une personnalité qui n’est pas la leur, se sacrifient pour plaire. Tous se trompent. Ne pas plaire à quelqu’un ne veut pas dire que l’on n’est pas estimable ou que la personne a mauvais goût. Simplement, il peut y avoir inadéquation entre les deux personnes, entre deux histoires. Ce n’est pas parce que deux lignes mélodiques sont discordantes que l’une d’elle est déplaisante.

04 gennaio

bêtisier

Il parait que la période de fin d'année est propice aux bêtisiers en tout genres, alors voici un best of de ce que les gens ont tapés dans un moteur de recherche pour arriver jusqu’ici, les commentaires en italiques sont de moi. Evidemment le web et mon pote google étant ce qu’ils sont, je ne dois plus être dans les premières pages pour toutes ces recherches.

 

addresse MSN chaude

ça devait finir par se savoir… 37°2, surtout le matin (-;

Pikachu en perles

Merci a Emmanuel pour la déception de ce pauvre petit qui n’aura pas le porte-clé ridicule dont il rêvait

comment créer une entreprise  maçonnerie

Un peu de réflexion sur ce qu’est le prolétariat, c’est sûrement pas ce que cherchait le gars, mais peut-être que finalement ça faisait partie des choses dont il avait besoin (-;

phrases pour souhaiter une bonne retraite

euh, je ne sais pas moi «bon débarras ? »

orgueil et honte

Où j’apprends que je suis orgueilleux et honteux

pourquoi la vie est si mauvaise?

C’est bon Wendy, on t’a reconnue (-;

xavier de fontenay

La déception du gars qui cherchait une bio de Fontenay et qui est tombé sur du Kant (-;

chute de perles

Là je ne sais même pas ce que ça peut vouloir dire

tendance politique Jacques Prévert

Belle tentative… malheureusement pour toi je ne fournis pas ce genre de renseignements (-;

que fait aujourd hui pour ameliorer la litterature

la preuve par l’exemple, toujours (-; . Ceci dit premier conseil, surveiller sa grammaire pourrait être un bon début.

dissertation philo peut ton tout dire

Alors moi je dis, si ça peut arriver qu’à 18 ans on ne soit pas assez mature pour comprendre qu’une dissert de philo on ne la trouvera pas toute faite grâce à google, il serait préférable quand même de comprendre que si on met des fautes d’orthographe dans sa recherche, on ne risque pas de trouver des choses utilisables. La preuve.

inceste blog

La aussi, il y a du avoir une assez vive déception. Tant mieux

PHRASES DE PSEUDO

Là non plus je ne comprends pas ce que le gars cherchait. Mais en majuscule, quand même

perle pour barbe

Chacun se décore comme il veut

j'enfile ma mere

Je suis bien content de l’apprendre

 

J’en profite pour vous souhaiter une bonne année à tous

23 dicembre

L'Homme qui voulait rencontrer le père noël

Note préliminaire : Comme il paraît qu’il faut s’essayer à tout, surtout en littérature, j’ai, à l’occasion du Noël 2003, commis le texte qui va suivre, qui n’est rien d’autre qu’un conte de Noël. Comme deux ans plus tard il est toujours d’actualité, je vous repasse le plat sans vergogne aucune. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas là d’un cadeau, il reste ma propriété pleine et entière, et vous n’êtes pas autorisés à vous l’appropriez de quelque façon que ce soit. Je serais absolument ravi si vous utilisiez la fonction de lien permanent pour diriger vos aimables visiteurs par ici ou, mieux encore, si vous le contiez à la veillée de Noël (en n’omettant pas de préciser son légitime auteur (-; ), mais vous me vexeriez en le recopiant sur un autre site internet que le mien ou en vous attribuant la paternité de quelque façon que ce fut.

Ceci étant dit, rapprochez-vous un peu du feu, contemplez les reflets des flammes dans les boules du sapin, serrez-vous un peu les uns contre les autres, ouvrez grandes vos oreilles et écoutez l’histoire de…

 

L'Homme qui voulait rencontrer le père noël

 

I

l était une fois un homme, qui avait été un enfant. Cet homme avait grandi, était devenu un adulte, s'était marié et avait eu des enfants, mais en grandissant il n'avait pas tout oublié de ce qu'il avait rêvé étant un enfant, et ce qu'il avait rêvé le plus étant enfant, c'était de rencontrer le père noël. En grandissant, il avait appris, comme tous les adultes, que le père noël n'existait pas. "Qu'à cela ne tienne, se dit-il un jour, si le père noël n'existe pas, je deviendrais le père noël et comme ça, je pourrais me rencontrer facilement !"

 

I

l se posa alors tout un tas de question, et la plus importante, celle qui tourna le plus longtemps dans sa tête, c'était comment se définissait exactement le père noël. Il songea, dans un premier temps, à faire comme le monsieur devant les grands magasins, acheter un beau costume rouge et une fausse barbe blanche. Mais non seulement il n'était pas très riche, et les beaux costumes rouges ça coûte cher, mais en plus il réfléchit et se dit que tout cela ce n'était que des symboles, et que les symboles, ça n'est que ce qu'on en fait. Par exemple, dans le pays de notre homme, beaucoup de gens avaient peur des gens avec des barbes, pas ceux avec des barbes blanches, mais quand même... Alors qu'avant la barbe c'était réservé aux sages, il a suffit que quelques fous portent la barbe et maintenant les gens en avaient peur, et les gens ne peuvent quand même pas avoir peur du père noël! De la même façon, le rouge peut signifier bien des choses différentes pour des gens différent, certains diront que c'est la couleur de la joie et du bon vin, d'autres que c'est la couleur de la colère ou du sang ou de la haine ou bien d'autres choses encore, barbares ou raffinés selon la personne qui en parle. Non définitivement non, être le père noël ce n'était pas mettre un costume et une barbe, d'ailleurs les messieurs devant les grands magasins le font et ce ne sont pas des pères noëls, juste des gens qui mettent un costume et une barbe pour gagner de l'argent.

 

N

otre homme réfléchit encore et encore et parvint à la conclusion suivante: le père noël, c'est celui qui rend les gens heureux. Il décida donc de parcourir le vaste monde et de rendre tous les Hommes heureux,  et comme c'était un gros travail, il décida de s'y mettre tout de suite et de partir immédiatement sur les routes du vaste monde. Et il marcha beaucoup, il marcha longtemps, vivant de cueillette et de chasse, il avait traversé plus d'un continent complet quand le 24 décembre arriva.

 

L

e 24 décembre, son premier jour en tant que père noël, était arrivé, il devait, pour la première fois, faire le bonheur des Hommes. Le pays dans lequel il se trouvait était un pays étrange, où les gens ne connaissaient même pas le père noël. C’était un pays où il n’y avait pas de neige, ni à Noël ni jamais, parce qu’il y faisait trop chaud. C’était un pays où, globalement, les gens n’étaient pas très heureux, parce qu’il y avait les gens d’un pays à côté qui régulièrement venaient occuper des bouts de leur terres en disant que c’était à leurs arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-grand-parents. Et eux ils n’avaient rien pour se défendre face à ces gens du pays à côté qui occupaient les terres. Que faire? Les histoires de guerre, ce n’est pas l’affaire du père noël, c’est l’affaire des Hommes qui la font. Pourtant les gens de ce pays n’étaient pas heureux, et ça c’est l’affaire du père noël, et il ne savait pas comment la régler. Alors il décida de faire ce qu’il faut faire quand on ne sait pas quoi faire : le dire. Il expliqua sa situation aux gens, il expliqua qu'il ne voulait que les rendre heureux et qu'aujourd'hui c'était un jour de fête, et il demanda qu'ils l'aident à les rendre heureux, car il était un père noël débutant, et ne savait pas encore trop bien comment faire. Alors les gens de ce pays lui expliquèrent que ce dont ils avaient le plus besoin c’était d’aide et de soutien, et que le plus simple pour cela c’était d’aller partout dans le monde expliquer ce qui se passait dans leur pays. Et ça notre père noël débutant pouvait le faire, c’était même plutôt facile pour lui, puisque de toute façon il avait prévu de voyager de par le monde. Donc il promis de raconter l’histoire de ce pays à travers le monde, et les gens furent heureux. On passa la soirée à faire la fête, à manger, à chanter et à danser, et même s’il n’y avait pas de sapin et que les chansons n’étaient pas les mêmes, ça ressemblait bien à l’esprit de Noël.

 

N

otre Homme reparti et marcha pendant un an. Bien entendu, il tint sa promesse et raconta, partout où il s’arrêtait pour la nuit, l’histoire des gens qu’il avait rencontrés, et parmi les gens à qui il la racontait, certains se motivèrent pour les aider. Comme l’année précédente il s’arrêta de marcher le 24 décembre et voulu aider les gens qui se trouvaient là. Dans ce pays-là aussi les gens étaient très malheureux, même s’il n’y avait pas de guerre, car le pays était très pauvre, et la misère ça rend les gens malheureux, et parfois malades aussi, ce qui les rend encore plus malheureux, évidemment. Là notre homme savait quoi faire pour rendre les gens heureux. Parce qu’avant d’essayer de devenir le père noël notre homme était infirmier, alors soigner les gens malades il savait faire, même s’il avait beaucoup moins de moyen que dans le pays où il travaillait auparavant. Alors il fit son ancien métier d’infirmier pendant toute la période de Noël. Il vit qu’il fit du bien aux gens qu’il soignait, et il était bien content d’arriver à faire son nouveau métier de père noël en même temps que son ancien métier d’infirmier, mais il n’était pas pleinement satisfait, car, même s’ils allaient mieux, les gens qu’il soignait n’étaient pas tout à fait heureux et même si la joie de Noël brillait dans leurs yeux, ils avaient d’autres problèmes qui venaient obscurcir cette joie, comme l’endroit où ils allaient dormir et s’ils allaient manger la semaine prochaine, et ça, ça ennuyait beaucoup celui qui voulait devenir le père noël, mais il ne pouvait rien faire.

 

P

uis le jour vint de repartir à nouveau, et notre homme recommença à marcher, et marcha encore un an, enfin pas tout à fait, puisqu’il arriva à un océan et dut interrompre sa marche pour prendre le bateau. Quand arriva le 24 décembre, son troisième en tant qu’apprenti père noël, il était au milieu d’un immense pays qui allait d’un océan à l’autre. Dans ce pays, il semblait à notre père noël que les gens avaient tout ce qu’ils pouvaient vouloir, et pourtant ils n’étaient toujours pas heureux, et il ne savait pas quoi faire pour y remédier. Se souvenant de sa première expérience, il se dit donc que le plus efficace était d’expliquer clairement la situation. Malheureusement cette fois là ne fut pas une réussite pour lui : Malgré le fait qu’il semblait que ces gens avaient tout ce dont ils avaient besoin, surtout après avoir vu ce qu’avaient les gens du Noël précédent, tout ce qu’il leur manquait pour être heureux c’était encore et toujours plus d’objet ! Ils voulaient un frigidaire, et ceux qui en avaient déjà un voulaient un joli scooter, et ceux qui avaient déjà les deux voulaient un atomixer ou du Dunlopillo… Evidemment il ne pouvait pas leur donner tout cela à tous, et même s’il avait pu, ça ne les aurait pas rendus heureux, puisqu’ils auraient encore voulu plus ! Alors il essaya autre chose : Ce qui avait finalement le mieux fonctionné auparavant c’était les chansons. Les gens sont plus heureux quand ils chantent… Mais là ça ne fonctionna pas du tout. Les gens n’avaient pas envie de l’écouter chanter et encore moins de chanter avec lui, ils préféraient passer leur réveillon à écouter chanter des gens qui habitaient à l’autre bout du grand pays, et qui chantaient soi-disant très bien. Mais notre homme trouvait que ce style de chanson ne correspondait pas du tout à l’esprit de noël, et surtout pas quand des gens très loin les chantaient tout seuls. Ce Noël là, notre homme ne rendit personne heureux.

 

I

l reprit quand même sa marche en se disant qu’il n’était encore qu’un père noël débutant, et qu’il était normal de subir quelques échecs, et qu’il ne fallait pas se décourager pour si peu. Il prit un second coup au moral quand il apprit que, plus de deux ans après sa visite, la situation dans le pays dans lequel il avait commencé son voyage n’allait pas mieux, au contraire, les gens du pays d’à côté grappillaient toujours de plus en plus de terre. Mais il continua tout de même et à nouveau il prit le bateau et finalement, comme le vaste monde n’est pas si vaste et qu’il est presque rond, il revint dans son ancien pays. Le 23 décembre, il était presque revenu à son point de départ. Malheureusement, contrairement à ce qu’il aurait souhaité, il ne pouvait être revenu chez lui pour le jour de Noël. Mais au matin du 24 il se trouvait assez proche de la maison d’un ami, et décida de s’y rendre pour y passer le réveillon. Il y arriva le soir, aux alentours de 22 heures. Il resta un long moment devant la porte à se demander s’il fallait qu’il entre ou pas. D’abord parce que si jusqu’à présent il avait passé le réveillon avec des gens sans être invité, c’est parce qu’il ne les connaissait pas et qu’on ne peut pas s’inviter chez n’importe qui comme ça. Si c’est quelqu’un que l’on ne connaît pas d’accord, mais si c’est un ami… Et puis il faut reconnaître qu’il n’était pas très fier de ses trois derniers Noëls où, finalement il n’avait réglé aucun problème, et qu’il faudrait sûrement les raconter. Pendant qu’il hésitait, il entendit une voix de femme, qu’il ne reconnut pas, derrière la porte. La femme avait l’air très triste et très fatigué. Elle était triste parce que son mari n’était plus là et l’avait abandonnée, elle et ses enfants. Les enfants étaient là aussi, et leur voix était tout aussi triste. Il se dit que c’était une excellente occasion de rendre ces gens-là heureux et qu’il pourrait se rattraper en réussissant ce Noël-ci. Il sonna et entra donc et vit tous les gens attablés chez son ami. Il sut tout de suite quelle était la femme triste car sa mine était aussi triste que sa voix. Par contre, il mis quelque temps à la reconnaître, elle avait tellement changé. Et dire qu’il n’avait pas réussit à reconnaître la voix de sa femme ! Et ses enfants ! Comme ils avaient grandi ! Sur le coup ils furent tellement surpris de se revoir, que personne ne posa une question, d’ailleurs personne ne dit rien. Et puis, la soirée avançant, il racontât toute son histoire, pourquoi il était parti, les pays qu’il avait traversé, les gens qu’il avait rencontré, il racontât qu’il était très  déçu de tout cela et que finalement il devait être un bien mauvais père noël si, non seulement il n’avait pas réussit à rendre les gens plus heureux, mais qu’en plus il avait au contraire très bien réussit à rendre malheureux les siens ! Il décida donc d’arrêter là son expérience et de ne plus essayer de devenir, ni même de rencontrer le père noël. Et finalement, le vin et la chaleur des retrouvailles aidant, ils passèrent un Noël merveilleux, meilleur que tout ceux qu’il avait passé quand il avait essayé de devenir le père noël.

 

I

l se rendit compte que finalement cela ne sert à rien d’essayer d’être le père noël, parce que c’est impossible. Ca vaut beaucoup mieux d’essayer de faire ce que l’on sait faire du mieux que l’on peut. Il se rendit également compte qu’il n’est pas nécessaire de marcher un an pour faire le bonheur des gens, c’est bien plus efficace de faire celui des gens tout à côté, parce qu’on a beaucoup plus de temps à leur consacrer. Il abandonna sa marche, reprit son ancien métier d’infirmier, où il rendit plein de gens heureux, retrouva sa vie de famille, il vécut heureux et eu de nombreux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, et cætera et cætera et cætera

20 dicembre

« Qu’est ce qu’on attend pour être heureux ?» André Hornez

            Dans ma grande série « deux citations, un cycle » après le cycle Marx, voici un diptyque « qu’est ce qu’on attend ? ». Evidemment, un diptyque ça n’a pas autant la classe qu’une trilogie. Je suis navré, mais avec des moyens moyens on peut peu. Je devrais d’autant moins faire le fier que c’est un diptyque juste pour faire le joli et que je n’ai pas grand chose à dire sur ce thème, tant il est proche de la thèse que j’ai développée dans l’entrée sur Tostaky.

En ce qui concerne sa provenance, je crois que je ne vous apprendrais pas grand-chose sur le sujet en vous disant que c’est le titre d’une chanson du répertoire de Ray Ventura et de ses collégiens, qui ont enchaîné les cartons à l’entre-deux guerre. J’imagine que vous avez tous déjà entendu « tout va très bien madame la marquise » ou « ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine ». Pour ceux qui l’ignoreraient, cette grande troupe, à laquelle beaucoup d’artistes français actuels doivent quelque chose, contenait tout un tas de jeunes gens, parmi lesquels Sacha Distel et surtout Henri Salvador.

            Libre et enjouée, cette chanson nous rappelle que, quelles que soient les horreurs qui se passent dans notre monde, les trucs dégueulasses qui nous arrivent et les petits désagréments du quotidien, le bonheur est une question de choix. Partout autour de nous des raisons d’être heureux existent : un air qu’on reprend à pleine voix, un plat préféré, un ami avec qui l’on aime parler, un point d’eau et un peu de chaleur, une heure de sport ou que sais-je encore ? Le tout est de savoir les identifier, et les mettre à profit. Choisir la voie du bonheur n’est pas toujours facile. Mais les gens heureux ne sont pas forcément des imbéciles, ni des salopards qui se foutent de la misère du monde. Se lamenter sur soi et les autres ne résout pas les problèmes, au contraire : Etre heureux est aussi une façon de rendre le monde meilleur. Parce qu’il est toujours plus agréable de parler à quelqu’un qui sourit, parce que c’est en étant heureux, on a aussi plus d’énergie et de disponibilité.

Se complaire dans la tristesse est parfois une solution de facilité, ainsi qu’une posture que certains estiment plus digne. Quelle bêtise ! Face aux misères du monde et aux vôtres, je vous en conjure, soyez heureux, pour vous et pour les autres. Et puis… « Qu’est qu’on attend pour faire la fête ? »
29 novembre

« Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ? » NTM

Allez, une fois n’est pas coutume, je vais prendre position sur un sujet d’actualité (enfin qui l’était au moment où j’ai commencé à écrire ces lignes) . Après avoir été un mauvais écrivain, un mauvais philosophe et un mauvais politologue, je vais maintenant être un très mauvais journaliste (-; . Pour ceux qui liront ce texte depuis la Papouasie ou en 2029, et qui ne savent donc pas de quoi je parle, un résumé de la situation : Suite à un événement peu clair, impliquant la mort de deux personnes fuyant la police, il y a eu un accès de violence dans les cités en France. Ce ne sont pas les émeutes de Chicago, mais ça laisse à réfléchir quand même. Mes oreilles sont retombées sur ce morceau de NTM, qui date d’environ 10 ans, et sur une interview de Kool Shen. En sont nées les quelques réflexions que voilà. Pour une mise en perspective, je vous engage à demander à votre outil de recherche préféré le texte intégral de cette chanson, c’est assez édifiant.

                Avant de rentrer dans le vif du sujet, une mise au point pour éviter tout doute : je ne suis pas avec les casseurs. J’ai suffisamment répété ici et ailleurs mon dégoût de toute forme de violence pour ne pas cautionner ce genre d’agissements, a fortiori lorsqu’ils sont perpétrés à l’encontre d’innocents. Brûler des voitures et jeter des haltères par les fenêtres c’est interdit et c’est tant mieux. Je précise aussi que NTM ne préconise pas ici de mettre le feu pratiquement à des voitures mais bien symboliquement au système : « Brûle l'état policier en premier et / Envoie la république brûler au même bûcher ».

Ceci fait, je peux maintenant vous dire à quel point les casseurs ont eu raison de casser, et à quel point ça me désespère.  Jusqu’à présent, depuis la réélection de Chirac en 2002, nous avons eu droit à une politique nettement à droite, baisse des impôts et des prestations sociales, suppression d’un nombre très important d’emploi notamment à l’école (assistantes sociales, psy, aides éducateurs…).  Les pauvres deviennent plus pauvres, galérent davantage, surtout dans les cités où ils se concentrent. Il suffit que des petits cons cassent des bâtiments publics et brûlent des voitures et hop, on trouve des fonds pour remettre une partie de ce qui avait été enlevé. Quel meilleur encouragement à se mettre à casser dès qu’il y a un problème ? Un million de personne dans la rue, une grève de 40 jours, et le gouvernement s’en balance : « ce n’est pas la rue qui gouverne ». Une bonne grosse raclée aux régionales, une constitution libérale rejetée au référendum, pas plus de réaction. Finalement tout ce que semble comprendre notre gouvernement c’est le rapport de force, les voitures brûlées et le purin devant les préfectures. Pour un démocrate, ça fait mal au cœur.

Bien sur, il fallait sortir de la crise. Mais chercher des solutions aux problèmes uniquement quand on prend des coups, c’est encourager les gens à vous en mettre, en mettant le feu à des voitures, ou des flammes sur leur bulletin de vote. Je reste persuadé que ce ne sont pas des solutions aux problèmes, que la négociation, l’engagement politique réel, l’écoute et l’ouverture aux autres restent le meilleur moyen de s’en sortir par le haut. En attendant la question peut trotter dans le crane de pas mal de gens « mais qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu ? Mais qu’est ce qu’on attend pour ne plus suivre les règles du jeu ? » .

Quand le journaliste a demandé à Kool Shen ce qu’il pensait aujourd’hui de ces mots il a simplement répondu : « peut-être que si on avait vraiment mis le feu avant, les jeunes d’aujourd’hui ne mettraient pas le feu comme ça maintenant » . Il y a 10 ans je considérais NTM comme un groupe inintéressant a priori parce que vulgaire, violent et sans fond… Il faut toujours se méfier de ses a priori.

 

Marian Lacombe